encres-temps, éloge de la lenteur

  250 pages couleur, format 17 x 23,5 cm (2008).

Encres-temps, quelle drôle d’expression ! J’avoue qu’elle n’est pas très belle à entendre, mais quelle justesse pour résumer cet étonnant voyage au cœur du temps et de la matière, au cœur de la vie. Les nuages m’ont toujours fasciné. Au début je pensais qu’il s’agissait de leur position dominante, du spectacle grandiose qu’ils peuvent nous offrir, non pas quand le plafond est bas, comme on dit, mais au printemps ou à l’automne quand ils se détachent majestueusement sur le ciel bleu ou empruntent au soleil une multitude de couleurs aussi indéfinissables qu’insaisissables, car changeantes.
Tantôt ils sont ronds, on dirait de gros gâteaux, on aurait envie de s’y perdre, tantôt ils sont fins, aériens, presque plans, par strates, marquant clairement une limite, un couvercle, le toit du monde. Combien de fois suis-je resté planté devant ce spectacle sans cesse renouvelé, et toujours aussi captivant ? Plus je les regarde et plus je comprends la raison profonde qui m’attire et suscite tout mon émerveillement face à un tel spectacle aussi éphémère qu’improbable. Quand je contemple ces masses nuageuses se transformer, je ne peux m’empêcher de penser à un grand magicien qui m’ensorcelle. C’est vrai, ils changent de forme sans cesse, j’ai beau les fixer, je n’arrive pas à voir distinctement ces changements se faire. Je ne perçois que des étapes, j’ai l’impression que le ciel est une immense feuille de papier de brouillon sur laquelle la nature s’essaie à toutes sortes d’expériences, profitant du vent, de la température, de l’humidité, … (suite du texte )