Maison de Gaston Floquet – église de St Rigomer-des-Bois

Exposition du vendredi 8 juillet au mercredi 31 août 2016. Le vernissage a eu lieu le vendredi 8 juillet dans l’église de St Rigomer-des-Bois, puis dans la maison de Gaston Floquet 37, rue Gaston Floquet à St Rigomer-des-Bois (72). L’expostion est ouverte tous les dimanches de 15h à 18h.
L’église orientée ouest-est, de dimensions modestes, est un vaisseau de bois brun renversé sur des murs d’enduit clair, qu’après l’œil, l’esprit perçoit davantage dans une horizontalité que dans sa verticalité. Ce qu’accuse encore la reproduction sur bâche plastique du vitrail de Vauhallan pendue au fond du chœur, qui crée une profondeur supplémentaire, d’autant qu’elle donne à voir dans le sombre de l’église représentée pour mettre en scène la légende des cierges de saint Rigomer et sainte Ténestine deux trouées lumineuses qui étendent la perception vers l’extérieur figuré, et une église encore… Ce qu’accuse aussi l’alignement des stations du Chemin de Croix, qui dessine à hauteur des yeux une horizontale brune vigoureuse. Une nef qui monte vers les transepts et le chœur, vers la lumière et l’ombre, le lieu du Mystère. Au nord et au sud, d’abord masqués pour qui entre par le portail, deux vitraux, un au nord, où le rouge dispute au vert et au noir le blanc d’un fond évoquant le papier, un au sud, où le bleu et le vert composent avec le noir et l’or une harmonie de fontaine où puiser ; le premier déroulant ses écritures de bas en haut, le second de gauche à droite ; tous deux palimpsestes de verres sur le jour ; tous deux verticaux, colonnes de lumière chantant. L’accrochage de l’exposition de Darius veut s’inscrire dans ce beau lieu, en respectant sa beauté et sa destination. Il veut aussi lui rendre sa hauteur architecturale. La porte d’entrée principale restera fermée derrière une œuvre verticale instituant la grandeur. Ponctuant le bas de la nef close en haut par le vitrail de Vauhallan. On accédera dans l’exposition par la porte du côté, et le visiteur découvrira l’ensemble d’un coup, lorsqu’il tournera le dos au chœur. Car l’exposition occupera la nef seule, montrant les œuvres rythmant l’espace à la manière de colonnes qui s’élèvent dans un éclairage naturel latéral. Mettant en valeur leur évidence, autant que leur maîtrise, leur énergie et leur puissance. Le lieu et l’œuvre se sublimeront l’un l’autre. Le papier et l’encre dialogueront avec la pierre et la terre des statues. Le nouveau avec l’ancien, en un temps suspendu. Dans le silence tant bavard de l’édifice.

Jean-François Hémery.